Selon Gizmodo et 404Media, un homme de 28 ans a été arrêté récemment par le FBI à Houston au Texas. Parmi les chefs d’inculpation, il est accusé d’être le graphiste de Daech.
« Le FBI a annoncé avoir appréhendé à Houston, au Texas, un homme de 28 ans. Dénommé Anas Said, il est accusé notamment d’avoir fourni au groupe terroriste État islamique (EI) un portfolio de propagande en ligne. C’est son récent comportement sur Facebook, signalé il y a un peu plus d’un an par Meta, qui a conduit les autorités américaines à enquêter sur cet individu et à l’interpeller », relate en substance un article de Gizmodo.
Sur ce site, l’on poursuit : « Anas Said était dans le viseur des enquêteurs depuis 2017 après avoir commandé des autocollants avec des slogans pro-Daech, ce qui n’est effectivement pas prudent. Le jeune homme a enchaîné les interrogatoires entre janvier 2018 et mars 2019, et affirmait à l’époque s’être détourné de cette idéologie et «n’utiliser internet que pour ses études et regarder du sport». Une utilisation tout à fait louable donc. Pourtant, ce n’est pas la teneur de ce que remonte Meta, maison-mère de Facebook, qui note des agissements peu conformes avec la vie d’un étudiant amateur de sport. Said était en effet derrière onze comptes Facebook qui diffusaient du contenu de propagande pro-Daech. Ce signalement de Meta a permis au FBI d’obtenir des mandats de perquisition et de fouiller ses appareils électroniques ».
« Ces appareils ont permis de déterrer les recherches de Said sur internet, notamment pour récupérer des logiciels d’édition d’images et de vidéo. En outre, les équipements contenaient des messages cryptés prouvant son travail de propagande pour l’EI. Les enquêteurs ont notamment identifié un échange de messages entre l’apprenti graphiste et un individu surnommé «Le cauchemar», qui semble être le «numéro 2 du design» de l’organisation terroriste et qui faisait des retours sur ses images et vidéos de propagande », précise-t-on dans l’article sur Gizmodo.
De son côté, le site 404Media a donné quelques exemples de ces retours du «Cauchemar», manifestement pointilleux sur l’identité visuelle de l’organisation et qui prennent la forme d’images annotées et où le commanditaire y explique qu’il faut davantage de simplicité, un peu plus de sang, des éléments visuels plus petits pour faire plus professionnel et un logo de Daech plus discret, pour ne pas diluer le message de ce travail (voir illustration du site 404Media).
Ce site a, en fait, consacré un article sur cette affaire, qui met également la lumière sur l’arrestation de Anas Said à Houston, se référant au dossier juridique déposé par le ministère de la Justice.
404Media souligne dans son article : « Anas Said a été arrêté dans un contexte chaotique à Houston après avoir prétendument dit à un agent infiltré du FBI qu’il voulait mener une « opération comme celle du 11 septembre ». De même, le dossier juridique contient quelques passages incroyablement intéressants sur le flux de propagande de l’EI dans la prétendue communication de Said avec un concepteur de l’EI surnommé « Le Cauchemar ». Selon le dossier, qui a été d’abord rapporté par nos amis de Court Watch, Said était un aspirant graphiste de l’EI qui travaillait avec le graphiste en second de l’EI. Cette personne a dit à Said que le graphiste en chef de l’EI lui avait donné le surnom de « The Nightmare » en raison des nombreuses notes et révisions qui étaient nécessaires avant que tout élément de propagande sur lequel il travaillait ne soit publié. Le document du ministère de la Justice suggère que « The Nightmare » lui-même avait apporté de nombreuses modifications au travail de conception graphique de Said ».
Et à Gizmodo de conclure : « Ces échanges lunaires au regard de la gravité des exactions perpétrées par Daech ne permettront pas à Said de se réfugier derrière sa simple fonction de prestataire qui ne cherche qu’à contenter un client certes un peu particulier. L’enquête menée a permis de corroborer les signalements de sa famille et que Anas Said envisageait bel et bien de prendre les armes et de s’attaquer au personnel militaire américain basé à Houston. On connaît tous certains graphistes freelance en mal de missions qui liront ces lignes et se diront: «Mais du coup…Le groupe État islamique n’a plus de directeur artistique… Ils embauchent?». Non. Ce n’est pas une expérience que l’on souhaite faire figurer sur un portfolio…»


