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    Technologie

    Que risquez-vous à critiquer votre patron ou vos collègues sur Slack ou sur Teams ?

    freenewsBy freenews15 février 2024Aucun commentaire4 Mins Read
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    Slack - freenews - Maroc - 15/02/24
    Les messages envoyés sur les messageries professionnelles étant censés être d'ordre professionnel, les employeurs peuvent y accéder. (Ashley Landis/Ap/SIPA)

    Dans certaines conditions, les employeurs peuvent lire les conversations que tiennent leurs salariés sur la messagerie mise à leur disposition. Mieux vaut donc prendre garde à ce qu’on écrit.

    Par Chloé Marriault

    Vous trouvez votre boss incompétent ? L’un de vos collègues insupportable ? Et tout ça, vous le faites savoir dans une conversation en ligne avec un collègue en qui vous avez confiance ? Attention, cela pourrait vous porter préjudice. Et ce, même si vous avez le sentiment que votre conversation est privée. En réalité, un employeur peut accéder aux échanges entre ses salariés, qu’ils soient envoyés sur Slack, Teams ou par mail. Pourquoi ? Parce que « tout message envoyé ou reçu depuis votre messagerie professionnelle est supposé avoir un caractère professionnel », explique sur son site internet la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).

    Des messages lus en cas d’incident

    Pour lire ces échanges, les employeurs sont tenus de faire savoir à leurs salariés qu’ils y ont accès. « Ils l’indiquent généralement dans leur règlement intérieur ou leur charte informatique », précise d’Emilie Danglades-Perez, avocate spécialiste de la protection des données numériques au sein du cabinet Simmons & Simmons. Mais si la conversation d’un salarié est lue, celui-ci n’en est pas nécessairement informé, ni en amont, ni en aval.

    En théorie, il n’est pas question qu’un employeur qui aurait un salarié dans le viseur lise toutes ses conversations dans l’espoir de trouver des éléments à charge. « Il n’est pas en droit d’effectuer une surveillance systématique et permanente. Celle-ci doit être légitime, nécessaire et proportionnée. Les conversations sont plutôt lues pour venir en appui dans le cadre de certaines affaires », poursuit Emilie Danglades-Perez. Par exemple, si une enquête interne est ouverte à la suite d’un incident de cybersécurité, et que l’employeur cherche qui en est à l’origine. « Si on soupçonne un salarié, on peut par exemple faire remonter toutes les conversations dans lesquelles il est mentionné… et tomber sur des informations qu’on ne cherchait pas forcément », illustre-t-elle.

    Autre cas de figure où l’employeur pourrait lire les conversations : si le comportement d’un salarié est problématique. « Si un manager remonte une situation très tendue avec un collaborateur en constante opposition avec lui, presque insubordonné, alors l’employeur peut chercher des preuves de cette insubordination dans les échanges écrits », développe Julia Gori, avocate spécialiste du droit du travail chez Simmons & Simmons. Cette possibilité pour un employeur de lire les messages envoyés par ses employés peut même se poursuivre une fois qu’ils ont quitté l’entreprise. En effet, il arrive que les échanges soient conservés plusieurs mois – voire années – dans l’éventualité d’un contentieux.

    Indiquer que la conversation est privée

    Mais que risque-t-on vraiment à critiquer un collègue, un supérieur ou son entreprise ? « Si c’est une conversation isolée, ce n’est pas un motif suffisant pour être licencié », rassure Julia Gori. Le salarié risque toutefois de se faire rappeler à l’ordre par sa hiérarchie, lui indiquant que ses échanges doivent rester professionnels. « En revanche, les propos critiques ou injurieux répétés peuvent donner lieu à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. »

    Pour éviter que des échanges d’ordre privé soient lus par leur employeur, les salariés peuvent inscrire la mention « privé » ou « personnel » dans l’intitulé de la conservation. Par exemple, dans l’objet d’un mail ou en renommant une conversation ainsi. Dans ce cas, l’employeur n’est pas en droit de les consulter. A une exception près : cette protection « n’existe plus si une enquête judiciaire est en cours (par exemple, si vous êtes accusé de vol de secrets de l’entreprise) ou si votre employeur a obtenu une décision d’un juge l’autorisant à accéder à ces messages », précise la CNIL.

    Mais pour Julia Gori, pas sûr que renommer des conversations avec l’intitulé « privé » soit la meilleure solution. « Cela peut sembler un peu suspect aux yeux de votre employeur. » Autre solution : privilégier les échanges sur vos messageries privées type WhatsApp ou Telegram. Ou à l’oral… pour ne pas laisser de trace.

    Source : start.lesechos.fr

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